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Philippe Godfroid, président UCM

Editorial | Philippe Godfroid, président UCM

Enfin des mesures pour la sécurité des commerçants

Le gouvernement a tenu un conseil spécial sur la sécurité. Le ministre des Indépendants, Willy Borsus, y a fait adopter plusieurs mesures visant à renforcer la sécurité des entrepreneurs en général, et des commerçants en particulier. Pour l'UCM, c'est une grande satisfaction ! Deux revendications historiques vont être rencontrées.

La première vise à lutter contre le vol à l'étalage. Pour les commerçants, c'est un fléau traité avec trop de désinvolture par la justice et les forces de l'ordre. La solution retenue est de mettre en place un système de transaction accéléré entre le commerçant et le voleur. Celui-ci peut échapper à toute poursuite civile s'il paie, par exemple, trois fois le prix de la marchandise dérobée. Ce n'est pas la panacée car les malfaiteurs sont souvent insolvables. Mais un système voisin (forfait de 181 euros) fonctionne aux Pays-Bas depuis quelques années avec succès. Près de 80 % des transactions sont effectivement payées. L'effet dissuasif est difficile à quantifier, mais ne fait aucun doute.

La deuxième demande de l'UCM rencontrée concerne les transactions électroniques. Manipuler de l'argent liquide est source de risques pour les commerçants, mais aussi pour les titulaires de profession libérale et nombre de PME. Le problème, c'est que le paiement électronique a un coût (abonnement, achat ou location du terminal, paiement à la transaction). C'est pourquoi un incitant fiscal va être prévu. Les frais liés à l'utilisation d'un terminal de paiement seront considérés comme un investissement de sécurité et bénéficieront donc d'une déduction de 20,5 %.

Le gouvernement a également adopté le principe de la "pénalisation de la violation de l'espace commercial". Bizarrement, il est interdit de s'introduire dans la maison de quelqu'un, mais pas dans un espace professionnel. Impossible de porter plainte contre un quidam qui se promène dans un atelier ou une réserve s'il n'y a pas vol ou dégradations. Cette anomalie légale sera corrigée. 

Enfin, la lutte contre la cybercriminalité sera renforcée. Plus de la moitié des PME ont déjà eu des problèmes sérieux, a révélé une enquête UCM. Il est très difficile de mettre la main sur les pirates, mais le gouvernement s'engage à essayer de renforcer les collaborations internationales et à intensifier les efforts de sensibilisation et de prévention, en diffusant les bonnes pratiques.

La concrétisation de ces mesures doit être la plus rapide possible. Entreprendre, c'est par définition prendre un risque. Les hommes et les femmes qui ont ce courage ont le droit d'être protégés au mieux contre toute atteinte à leur intégrité physique et à leurs biens.

 

Philippe Godfroid,

président UCM

 

Y'a de quoi râler

La question du service minimum en cas de grève à la SNCB revient dans l'actualité. Avec un réel espoir d'aboutir puisque le ministre de la Mobilité, François Bellot (MR), a rédigé un projet de loi qu'il soumettra au gouvernement. Il propose que les syndicats des chemins de fer, s'ils veulent arrêter le travail, l'annoncent au moins huit jours à l'avance. Quatre jours avant la date, les cheminots devraient dire s'ils souhaitent suivre le mouvement ou pas. En fonction de quoi la SNCB saurait si un service réduit peut être organisé dans des conditions acceptables ou pas.

C'est tout simple. Cela respecte à la fois le droit de grève et le droit des citoyens et usagers à bénéficier d'un service essentiel si un nombre suffisant d'agents, utilisant leur liberté d'opinion, ne s'associent pas à l'arrêt de travail.

Le ministre est sur le velours : lors des dernières grèves, moins de 25 % des cheminots wallons et moins de 10 % de leurs homologues flamands se sont déclarés grévistes. Une minorité militante ne pourra plus prendre les voyageurs et navetteurs en otages pour des raisons politiques ou pour défendre des privilèges.

Cela met en rage les syndicats, qui parlent de "service minimum permanent". Ce n'est pas le débat et c'est un peu indécent pour une entreprise qui recevra 13,7 milliards d'euros d'argent public sur la période 2016-2020.

Le service minimum existe en Belgique pour les services essentiels à la population (santé, sécurité...). Il existe aux chemins de fer dans d'autres pays comme la France ou l'Espagne. Dans les pays scandinaves ou en Allemagne, les grèves sont impensables dans les services publics. C'est sans doute pour en arriver là que la SNCB verse 5,2 millions d'euros par an aux syndicats. Aujourd'hui, c'est de l'argent jeté.

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De Raoul Hedebouw,

leader du PTB, sur la nécessité d'une sécurité renforcée après le coup de couteau reçu d'un déséquilibré le 1er mai : "Il ne faut pas me priver du contact avec les gens, sinon je fane." (RTBF, 10/05/17)

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