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Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

Editorial | Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

La concertation sociale reste nécessaire

La concertation sociale est malade. C'est ce constat qui a conduit les partenaires sociaux francophones, mais aussi des magistrats, des académiques et des politiques, à réfléchir à son avenir ( lire l'article).

Je suis personnellement convaincu, comme représentant des indépendants et PME francophones à cette concertation, qu'elle reste indispensable, malgré tous ses défauts. On pourrait lui appliquer la phrase de Winston Churchill à propos de la démocratie : c'est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres.

Le monde du travail vit des évolutions profondes : les cloisons entre les statuts s'effritent et de nouvelles formes d'activités, accessoires ou collaboratives, ne rentrent plus dans les cases existantes. La frontière entre vie privée et vie professionnelle devient poreuse. Garantir le financement de la sécurité sociale et une protection équitable à chacun, dans un contexte de vieillissement, est une gageure. Nous sommes aussi confrontés à la nécessité de passer à une économie durable dans un monde hyper compétitif.

Au regard de ces défis, certains débats menés au "Groupe des dix" peuvent sembler dérisoires. Il est difficile de comprendre que l'harmonisation des statuts entre ouvriers et employés soit en discussion depuis des années ! Mais il faut bien se rendre compte que chaque décision, chaque chiffre modifié après la virgule peut avoir un impact considérable sur la vie de certaines PME.

C'est bien pour cela que la concertation sociale reste nécessaire. Les représentants des employeurs et des salariés, qui connaissent le terrain, doivent guider et éclairer les décisions politiques. Chaque Région, en héritant de matières liées à l'économie et à l'emploi, a d'ailleurs mis en place des organes de concertation. De plus, l'accord interprofessionnel bisannuel sert de cadre aux accords sectoriels et d'entreprises, garantit une certaine homogénéité du monde du travail et une relative paix sociale. Enfin, l'implication des employeurs et des syndicats dans la prise de décision assure une continuité et une stabilité. Dans d'autres pays, chaque changement de majorité ou de ministre entraîne des bouleversements dommageables pour les entreprises.

Les partenaires sociaux ne sont pas les décideurs politiques. Il est normal qu'ils jouent dans un cadre défini. Bien sûr, ils pourraient être une force de proposition. Dans l'état actuel des choses, on ne peut guère qu'en rêver. Il faut constater que les syndicats, mal dans leur peau, ont une attitude globalement conservatrice. Les grèves politiques de ces derniers mois n'ont pas créé un climat de confiance du côté des employeurs.

Il ne faut pas pour autant jeter l'éponge. Les PME de Wallonie et de Bruxelles ont besoin de pouvoir travailler et se développer dans un climat stable et aussi serein que possible. La concertation sociale y contribue grandement.

 

Pierre-Frédéric Nyst,

président UCM

 

Y'a de quoi râler

Les charges administratives sont une chose. L'attitude des administrations en est une autre, parfois également pesante, parce qu'elle donne aux entrepreneurs l'impression d'être un gibier en période de chasse...

Un indépendant heureux nous a écrit. Il a lancé son activité en 2000 et il réussit. Du coup, il nourrit le projet de créer une deuxième entreprise. Le 27 octobre, il signe l'acte de constitution chez le notaire. Le 31 octobre, il s'inscrit à la Banque-carrefour des entreprises (BCE). On ne peut pas être plus "réglo".

C'est pourtant ce même 31 octobre qu'un courrier est rédigé et aussitôt posté au SPF Finances. L'administration de la TVA, "ayant été informée par la BCE de la constitution d'une société", somme ce monsieur de les informer aussi du commencement de l'activité, sous peine d'une amende de 50 à 500 euros.

Sur le fond, il n'y a pas grand-chose à redire. En passant par le Guichet d'entreprises UCM, en personne physique, l'inscription à la BCE et à la TVA peut se faire simultanément. Sinon, les deux démarches sont distinctes et objectivement pas simples à coordonner.

Sur la forme par contre, comminatoire, il y a à redire ! Notre entrepreneur l'exprime magnifiquement : "Plutôt que ce ton menaçant, j'aurais apprécié que le courrier envoyé commence par “Nous avons appris qu'un numéro d'entreprise vous a été attribué par la BCE, nous vous félicitons pour cette initiative d'entrepreneuriat et vous souhaitons par la même occasion plein succès pour votre nouvelle activité. À ce sujet, nous vous rappelons que...” Mais il semble que les valeurs d'humanité et de respect font encore très souvent défaut auprès de nos chers fonctionnaires. D'aucuns diront que je généralise. Peut-être. Peut-être pas. En tout cas, au vu des sujets traités dans votre rubrique, c'est encore loin d'être une exception !"

Courrier des lecteurs
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De Valérie Lacour,

pharmacienne à Schaerbeek qui utilise des pictogrammes : "Un médecin qui parle chinois exerce dans le quartier. Avec sa clientèle asiatique, l'écriture n'est d'aucun secours. Et mimer n'est pas toujours possible, si vous voyez ce que je veux dire." (L'Avenir, 07/11/17)

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