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Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

Editorial | Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

Préparons-nous à la révolution des robots

Les progrès fulgurants de l'intelligence artificielle permettent dès aujourd'hui de programmer des robots pour des tâches qui semblaient réservées aux êtres humains. La liste des métiers impactés est très longue, très diverse et non encore exhaustive. Elle comprend à la fois des professions intellectuelles, techniques et de services aux personnes.

Dans un magasin, un robot peut assurer l'accueil, guider les clients et répondre à leurs questions. Il peut prendre les commandes et servir dans l'horeca, accompagner des malades ou des personnes âgées, remplir des tâches ménagères ou d'entretien. L'intelligence artificielle permet de poser des diagnostics médicaux, de prescrire un médicament ou de donner des conseils juridiques fondés sur l'analyse instantanée de millions de documents et de cas semblables. Il est possible de rédiger des articles de journaux sans intervention humaine, donc de répondre à toutes les interrogations sur l'utilisation d'un outil ou d'une machine.

Cette nouvelle révolution digitale suscite d'énormes espoirs. Les machines peuvent libérer les hommes de multiples tâches en travaillant mieux qu'eux : c'est fantastique ! Cela pose aussi beaucoup de questions. Comment réorienter les gens dont le boulot et le savoir-faire sont concurrencés par les robots ? Comment garantir le financement de la protection sociale (les pensions, les soins de santé...) si le volume d'emploi "classique" diminue ? Comment assurer aux PME une concurrence loyale avec les grands groupes mondiaux si cette évolution réclame des investissements considérables ?

L'UCM pense que les responsables politiques ont un rôle essentiel à jouer pour que la Belgique, la Wallonie et Bruxelles ne subissent pas les événements, mais profitent du changement. Dressons l'inventaire des professions menacées. Ouvrons des formations aux métiers de demain. Réfléchissons au financement de la collectivité. Donnons aux PME un accès aux nouvelles technologies. Encourageons l'innovation et l'investissement dans une nouvelle industrie.

À Bruxelles, le ministre de l'Économie Didier Gosuin veut lancer un "plan industriel régional" axé sur le numérique et le digital. Force est de constater que le gouvernement fédéral n'a pas encore ouvert le dossier. La nouvelle déclaration de politique régionale wallonne l'ignore tout autant.

Il n'est pas trop tard, mais il est temps. Chaque révolution industrielle a apporté un progrès global à l'humanité, mais a fait des victimes et des gagnants. Anticiper, se préparer permet de minimiser les dégâts et de maximiser les avantages. L'UCM va le rappeler inlassablement. Cela fait partie de sa mission de protection, d'accompagnement et de promotion des entrepreneurs.

 

Pierre-Frédéric Nyst,

président UCM

 

Y'a de quoi râler

Une lettre au courrier et, dedans, une simple feuille : 365 Office, total payable 1.380 euros. Le montant est à payer dans les quatorze jours pour une "licence d'entreprise".

Il s'agit d'une escroquerie en bonne et due forme. L'expéditeur est à Podgorica, capitale du Monténégro, et il contrefait le nom d'un produit Microsoft. Pour sauver les apparences, il est indiqué au verso, en anglais, qu'il ne s'agit pas d'une facture, mais d'une commande. Dès réception du paiement, un produit sera envoyé. Malgré une lecture attentive du texte en anglais, sauce macédonienne, il n'est pas possible d'en savoir plus sur ce "produit". Le site internet, non référencé car inaccessible aux moteurs de recherche, présente quatre softwares mais aucun à 1.380 euros. La rubrique des témoignages des clients vaut le détour : on y trouve trois fois le même texte en latin !

Bref, c'est du grand guignol. Sauf que si ces bandits passent leur temps à arroser les entreprises belges de ce leurre grossier, c'est qu'il y a de temps en temps un responsable financier distrait ou trop pressé qui paie. C'est au fond une variante des arnaques aux annuaires internet, qui ont fait tant de dégâts en proposant des inscriptions hors de prix sur des sites bidon.

Il est rageant que les autorités judiciaires ne fassent rien contre ces escroqueries. Le Monténégro est candidat à l'entrée dans l'Union européenne depuis 2008 et la procédure d'adhésion suit son cours. Ce n'est donc pas un État voyou, hors contrôle. Il n'y a évidemment pas de numéro de téléphone sur le document, mais il y figure bel et bien un numéro d'entreprise et une adresse, sur une grande avenue de Podgorica. Même les Dupont-Dupond devraient pouvoir mener l'enquête à bien.

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