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Flux RSS RSS - Union & Actions, le 23 juillet 2017
Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

Editorial | Pierre-Frédéric Nyst, président UCM

Crise politique en cadeau de bienvenue !

C'est avec sérénité et détermination que j'entame mon mandat de trois ans comme président de l'UCM. Je connais la maison depuis 1999, je connais les indépendants et les chefs de PME ( lire l'article), je sais qu'ils ont besoin d'une organisation forte et influente pour les représenter et les accompagner. Je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui ont donné à l'UCM la place importante qu'elle occupe. Merci à mon prédécesseur Philippe Godfroid, mais aussi à vous tous qui nous faites confiance et nous soutenez. Sans vous, sans chacun et chacune d'entre vous, rien ne serait possible.

Je pensais consacrer ce premier éditorial aux personnes qui entreprennent, qui prennent des risques et qui travaillent dur pour créer leur emploi et celui des autres, pour apporter à la société les richesses nécessaires au bien-être de tous. Les chefs d'entreprise doivent être soutenus par les pouvoirs publics, respectés par les administrations. Le grand public doit comprendre la difficulté de leur tâche et la nécessité de leur réussite.

Mais l'actualité politique s'impose. Les gouvernements régionaux et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'ont plus de majorité ( lire l'article).

Appelons les choses par leur nom : nous vivons une crise politique majeure. Et disons tout aussi nettement que pour les entrepreneurs, c'est mauvais ! Les acteurs économiques ont besoin de stabilité, de clarté, de responsables qui les écoutent, corrigent et réforment ce qui doit l'être. Les 541 jours de vide du pouvoir au fédéral en 2010-2011 ont fait beaucoup de tort. Nous risquons un chaos aussi long jusqu'aux élections de mai 2019 et avec des conséquences dramatiques puisque seul le côté francophone du pays est concerné...

Le premier message de l'UCM aux partis démocratiques est donc un appel à la responsabilité. Si personne ne met d'eau dans son vin, si chacun a déjà l'œil fixé sur les prochains scrutins, la crise va s'éterniser.

Le second message est de rappeler la disponibilité de l'UCM, tant lors de la rédaction des mini-programmes de fin de législature que tout au long de leur mise en œuvre. Sous ma présidence, notre organisation restera non partisane. Nous avons un rôle politique parce que nous défendons une vision de société où chacun peut entreprendre et si possible réussir. Mais nous voulons des discussions constructives avec chaque parti et chaque responsable. Dans le gouvernement fédéral, nous avons des contacts suivis avec Willy Borsus, Daniel Bacquelaine ou Charles Michel. Dans les gouvernements régionaux sortants, nous avions d'excellentes relations, tant avec Jean-Claude Marcourt que Maxime Prévot ou Didier Gosuin. C'est ainsi que nous travaillons avec le maximum d'efficacité au bénéfice des indépendants et des PME.

 

Pierre-Frédéric Nyst,

président UCM

 

Y'a de quoi râler

L'enseignement francophone belge ne va pas bien. Le problème est complexe et améliorer la situation est donc aussi complexe. Le "pacte d'excellence", construit depuis trois ans avec l'ensemble des acteurs, était discuté, critiqué, contesté, mais il avait le mérite d'exister et d'ouvrir une perspective de changement. La crise politique à la Fédération Wallonie-Bruxelles le menace d'enlisement.

Tous les trois ans, l'étude internationale Pisa, qui compare les performances des enfants de quinze ans en mathématiques, en sciences et en lecture, est impitoyable pour l'enseignement belge francophone. Classé 28e sur 38, il est en dessous de la moyenne et "décroche" toujours plus au fil du temps. D'autres études montrent que l'école est mal formatée pour les enfants les plus doués et les moins doués. Il y a à la fois nivellement et culture de l'échec.

Le financement n'est pas en cause : les dépenses par élève sont au-dessus de la moyenne. La compétence et la bonne volonté de la plupart des enseignants ne peuvent pas être mises en doute. C'est fondamentalement l'organisation qui est mauvaise. Quand 7.206 élèves (14,5 %) échouent au CEB (examen des compétences de base en fin de primaire) et se trouvent ainsi stigmatisés, le malaise est évident.

Le pacte d'excellence devait donner ses premiers effets à la rentrée : renforcement de l'aide administrative aux directions et de l'encadrement en classes maternelles. Il n'y a plus de majorité pour voter ces mesures et un changement de gouvernement pourrait conduire à une réouverture des discussions. Pour trois ans ? Les nombreux auteurs du pacte d'excellence sont inquiets. Ils ne sont pas les seuls...

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