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publié le 23/11/2017 Imprimer Imprimer en PDF

Enquête | Les ambitions des indépendants qui travaillent seuls

Quatre sur dix voudraient embaucher

Université de Namur (UNamur)
Quelque 200.000 indépendants en Wallonie et à Bruxelles travaillent seuls. Quarante pour cent d'entre eux envisagent, dans les trois ans, d'employer au moins trois personnes.

L'UCM et l'Université de Namur ont examiné, ensemble, l'intention de croître des indépendants en solo. C'est une population très diverse, peu étudiée et donc mal connue. Les conclusions de l'enquête surprennent d'ailleurs sur plusieurs points et appellent des travaux complémentaires. Car si ce qui est révélé est confirmé, même partiellement, il faut revoir plusieurs idées toutes faites.

La première conclusion est que les "petits indépendants" sont ambitieux. Quatre sur dix ne se contentent pas de faire tourner leur affaire, mais développent des projets stratégiques pour devenir chefs de PME : embaucher trois personnes en trois ans, en partant de zéro, ce n'est pas rien !

Si les femmes sont moins nombreuses parmi les indépendants, leur intention de croître (38 %) est égale à celle des hommes (39 %). C'est une surprise dans la mesure où les femmes entrepreneures sont plus rarement actives dans des secteurs dits porteurs. Mais cela corrobore une autre constatation : c'est dans les secteurs plutôt traditionnels comme le commerce et la construction que l'intention d'embauche est la plus importante.

C'est entre 30 et 54 ans que les indépendants en solo affichent le plus d'ambition. C'est aussi dans les entreprises qui existent depuis plus de vingt ans ! Il n'y a donc pas de prédestination, de volonté affichée dès le départ d'embaucher ou de rester seul.

Enfin, parmi les autres critères examinés, trois sont différenciants. Le premier est géographique : les indépendants du Brabant wallon et de Namur sont plus ambitieux que la moyenne. Le deuxième est lié aux études : les formations scientifiques donnent plus de volonté de grandir que les autres études, même économiques ! Enfin, les personnes qui se déclarent "passionnées" en veulent aussi plus que la moyenne.

Des conclusions à tirer

Pour la croissance économique wallonne et la résorption du chômage, il y a un intérêt évident à ce que la plus grande partie des quelque 40 % d'indépendants qui envisagent d'embaucher passent à l'acte. L'enquête montre qu'il ne faut pas se focaliser sur les jeunes starters dans des activités innovantes. Un important potentiel existe dans les secteurs traditionnels et auprès de personnes en activité depuis de nombreuses années.

"Le premier obstacle à l'embauche est le coût, analyse Pierre-Frédéric Nyst, président de l'UCM. Sur ce point, le gouvernement fédéral a pris une excellente mesure : la suppression à vie des cotisations patronales de base sur le premier emploi et le renforcement des aides sur les cinq suivants. Mais embaucher, c'est un changement de vie pour l'entrepreneur. Il faut un accompagnement, comme nous le proposons à l'UCM avec l'action jengage.be."

"Ce que l'enquête nous apprend aussi, poursuit-il, c'est l'utilité des réseaux, notamment féminins. Il faut aider les entrepreneurs à lever parfois le nez du guidon. Le fait que la passion soit un atout pour la croissance doit aussi nous pousser à renforcer le statut des artisans."

 

 

Th. E.

 

 

Un accord inédit

C'est en mars 2016 que l'Université de Namur a créé la Chaire d'excellence pour la recherche et l'expertise en entrepreneuriat (Cheree), dirigée par le professeur Marcus Dejardin. Soutenue par la Sowalfin, l'outil public de financement wallon, elle se consacre à la recherche appliquée. Elle pose l'université comme acteur économique dans sa région.

C'est naturellement que la Cheree et le service d'études de l'UCM ont décidé de collaborer, pour croiser les connaissances scientifiques et l'expérience de terrain. L'enquête sur les indépendants en solo est une première, qui appelle des suites...