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publié le 27/10/2017 Imprimer Imprimer en PDF

Indépendants | La maladie indemnisée après quinze jours

Le "délai de carence" réduit de moitié

© Richelle
En 2018, les indépendants en incapacité de travail ne devront plus attendre un mois, mais seulement quinze jours avant de toucher une indemnité. Un progrès. Mais on peut faire mieux...

Les ministres Denis Ducarme (MR) et Maggie De Block (Open VLD) ont fait passer au gouvernement fédéral une mesure qui améliore la protection sociale des indépendants. Le "délai de carence" en cas de maladie ou d'accident est réduit de moitié, d'un mois à quinze jours. Il en coûtera 9,4 millions d'euros par an à l'Inasti, l'organisme de gestion de la sécurité sociale des indépendants. Cette dépense ne mettra pas en péril les finances florissantes de ce parastatal.

L'indemnité d'incapacité est de 1.218 euros par mois pour un isolé et de 1.515 euros pour un chef de ménage. Elle est de 46,7 ou 58,3 euros par jour ouvrable si le mois est incomplet.

Il y a vingt ans, le délai de carence était de trois mois ! Il a été ramené à un mois, mais ce n'était évidemment pas satisfaisant. Trop d'indépendants mettent leur santé en péril en continuant à travailler jusqu'à la limite de leurs forces. Mettre son activité entre parenthèses entraîne déjà une perte de revenus. Vivre sans aucune rentrée financière pendant un mois peut être insurmontable alors que toutes les obligations (salaires, baux, prêts...) continuent à courir. Une récente enquête UCM-Unizo auprès des indépendants a montré que la peur de la maladie ou de l'accident était un point noir du statut.

La décision du gouvernement fédéral est donc totalement positive. Les 9,4 millions cités plus haut iront directement dans la poche des indépendants en incapacité de travail. Cela dit, il y a moyen de faire mieux et l'UCM continuera à le revendiquer.

En effet, les salariés malades continuent à toucher leur salaire pendant un mois, puis sont indemnisés par l'assurance maladie, sans connaître une seule journée de carence. Ce principe n'est pas transposable tel quel aux indépendants. Pratiquement, il est impossible de leur permettre de réclamer un jour ou deux d'indemnisation sans ouvrir la porte à des abus.

On pourrait par contre prévoir une indemnisation double pendant les quinze jours suivant le délai de carence. Ainsi, l'indépendant à qui son médecin prescrit un mois de repos ou davantage ne serait indemnisé qu'au bout de deux semaines, mais recevrait ses 1.218 euros mensuels à compter du premier jour d'incapacité. Ce serait alors équitable par rapport aux salariés et fonctionnaires.

Une autre revendication UCM est une indemnisation à mi-temps pour les indépendants. Elle est aujourd'hui applicable, mais dans des conditions très strictes, après un arrêt complet. Il devrait être possible, parce que cela correspond à une réalité, d'obtenir sur base d'un certificat médical une demi-indemnité de 609 euros.

 

 

Th. E.

 

Combien de bénéficiaires ?

Le budget établi pour 2018 table sur le fait que 17.006 indépendants déclareront une incapacité de travail d'un mois ou plus, et bénéficieront donc de quinze jours d'indemnisation supplémentaires (609 ou 757 euros pour un isolé ou un chef de ménage).

À cela s'ajoutent 2.834 indépendants qui devraient déclarer une incapacité entre deux semaines et un mois. Eux n'ont droit à rien dans les conditions actuelles. Ils toucheront 46,7 ou 58,3 euros par jour.

Z'ont dit
De Valérie Lacour,

pharmacienne à Schaerbeek qui utilise des pictogrammes : "Un médecin qui parle chinois exerce dans le quartier. Avec sa clientèle asiatique, l'écriture n'est d'aucun secours. Et mimer n'est pas toujours possible, si vous voyez ce que je veux dire." (L'Avenir, 07/11/17)

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