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publié le 30/08/2017 Imprimer Imprimer en PDF

Mons | Le barreau face à la révolution numérique

Un nouveau rapport avec les chefs d'entreprise

Damien de Dorlodot
Pour répondre aux attentes des entreprises face au barreau et envisager la justice de demain, Mons lance le "barreau 3.0". Le numérique impose trois grands changements...

Les entreprises évoluent dans un monde globalisé, où le changement domine et s'accélère. Pour résister, évoluer et croître, elles ont besoin de partenaires agiles, utilisant le digital et les nouvelles technologies. C'est le cas notamment des avocats. Leurs relations avec les chefs de PME doivent évoluer sur trois thèmes.

Le premier défi est de démystifier la profession

L'avocat est souvent perçu comme une personne difficilement abordable et qui parle un langage peu compréhensible, alors qu'il faut avant tout le considérer comme un partenaire de confiance. Il est en effet le plus à même de conseiller et de sensibiliser son client entrepreneur, par la qualité de son regard extérieur en tant qu'expert juridique.

Le sujet de la rétribution de l'avocat doit également être abordé avec la plus grande ouverture d'esprit possible. On peut ainsi imaginer qu'après une première entrevue, il propose un forfait lié à sa prestation, plutôt qu'un simple taux horaire. De plus, dans le cas d'un procès, il reste l'inconnue de son issue favorable ou non, ainsi que de la répétitivité des honoraires. Il convient donc que l'avocat informe correctement son client des risques de coûts supplémentaires qui pourraient survenir. On pourrait s'essayer au principe du "success fee" (paiement lié au résultat), adapté au code judiciaire. En tout cas, le coût direct d'un procès peut parfois être prohibitif. L'UCM soutient l'idée d'un modèle de financement par un partenaire financier externe.

Éviter les procès

La deuxième évolution nécessaire est de développer les "modes alternatifs de règlement des conflits". Si tout le monde semble d'accord pour estimer qu'ils sont un bon moyen de désengorger la justice, ils sont encore trop peu connus et utilisés par le monde entrepreneurial. C'est pourtant un moyen de régler plus rapidement nombre de conflits, pour autant que l'on soit enclin au compromis. Et là, pour un entrepreneur, accepter la démarche du dialogue dans un différend impose souvent un énorme effort ! L'avocat est certainement la personne la plus à même de soutenir son client et de le convaincre d'accepter cette démarche. Sa formation dans la gestion du conflit, la relation de confiance qu'il aura créée, donnent à l'avocat un rôle primordial pour favoriser ce mode de règlement.

Intelligence artificielle

En troisième lieu, l'intelligence artificielle doit être appréhendée non pas comme une menace, mais bien comme une opportunité. Elle progresse très rapidement grâce à l'amélioration de la puissance de calcul et la collecte massive des données. La capacité grandissante des algorithmes à analyser des milliards de données en quelques secondes touche déjà de très nombreuses professions.

L'intégration de l'intelligence artificielle dans le quotidien peut faire peur car, à l'heure actuelle, il est difficile d'en appréhender les conséquences. Mais une chose est sûre : on ne l'arrêtera pas. Il faut donc la voir en termes d'opportunité et travailler dès maintenant l'adaptation de notre curiosité, de nos comportements et de nos stratégies entrepreneuriales.

En ce qui concerne la profession d'avocat, l'impact sera prépondérant. L'intelligence artificielle n'est pas qu'une machine à rassembler des données, elle a la capacité de proposer des solutions et même de prendre des décisions ! Le véritable enjeu est alors de contrôler ces décisions prises par les algorithmes. Il faut baliser au mieux le cadre et exiger par exemple une sorte de choix multiple sur les décisions à prendre. Le professionnel du droit pourra ainsi proposer des solutions plus élaborées et restera le garant du choix et de la liberté de pensée. Cette manière de voir les choses permettra donc de mieux travailler sur la stratégie plutôt que sur les tâches du quotidien.

La transformation numérique nécessite de recréer un nouveau monde, dans des domaines aussi variés que la relation entre client et fournisseur, le financement, la responsabilité ou l'assurance. Grâce aux relations de confiance qui seront créées entre les mondes entrepreneurial et juridique, le pari peut être tenu d'utiliser les nouvelles technologies en faveur de ceux-ci. Et le barreau de demain sera peut-être encore plus humain que celui d'aujourd'hui.

 

Damien de Dorlodot,

président UCM Hainaut

 

Z'ont dit
De Christophe Collignon,

chef de groupe PS au Parlement wallon, étonné que le nouveau gouvernement demande un audit des finances régionales : "C'est compréhensible de la part du MR. Mais le CDH ? Ils sont dans la majorité depuis 2004. Ils sont devenus amnésiques ?" (L'Avenir, 31/08/17)

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