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publié le 28/06/2017 Imprimer Imprimer en PDF

Enquête | Pour une PME, trouver du crédit reste compliqué

Les banques rejettent quatre dossiers sur dix

© Richelle
L'enquête UCM auprès des PME n'indique pas d'amélioration notable de l'accès au crédit par rapport à 2015. Il y a des mesures concrètes à prendre...

L'UCM a mené une enquête sur l'accès au financement des PME, à laquelle 505 entrepreneurs francophones ont répondu. L'accès au crédit reste compliqué. Pour deux tiers (66,8 %) des entrepreneurs, l'accès au crédit bancaire est même plus difficile qu'il y a cinq ans. Toutefois, cette perception était encore plus négative lors de l'enquête de 2015.

Selon l'enquête, dans 23,6 % des cas, le prêt est refusé ; dans 18 % des cas, le patron n'obtient qu'une partie des moyens dont il a besoin pour développer son entreprise. Les chiffres étaient très voisins en 2015. Les refus sont les plus fréquents pour les starters. Ils sont généralement motivés par l'insuffisance des garanties et de l'apport propre, plus rarement par la mauvaise qualité du projet. Les entrepreneurs investissent dans leur activité : 80 % des répondants déclarent recourir au moins partiellement à l'autofinancement. En termes de montants, c'est la deuxième source de financement après le crédit bancaire.

La baisse des taux d'intérêt a très peu modifié la manière dont les PME se financent. Elles sont peu nombreuses à avoir remboursé anticipativement des prêts en cours.

Les outils publics de garanties (comme la Sowalfin et la Socamut en Wallonie) sont connus par près de la moitié des répondants, ou méconnus par la moitié... Les nouvelles mesures comme le prêt "coup de pouce" et le tax shelter obtiennent des résultats très encourageants. Ces deux nouveautés sont très appréciées par les entrepreneurs qui sont plus de 80 % à les juger utiles ou très utiles.

Trois revendications

Pour l'UCM, il est nécessaire d'améliorer l'accès au crédit des PME. Il est normal qu'il y ait des refus, mais ils devraient se limiter aux projets qui ne tiennent pas la route. Les garanties demandées par les banques sont considérées comme disproportionnées par plus de deux tiers des entrepreneurs (68,7 %). La solution est de faire intervenir en priorité les outils publics, avant de demander des garanties personnelles. En même temps, il faut renforcer le lien entre les banques et les organismes d'accompagnement. Si le dossier présente des failles, les banques renvoient très rarement vers ces organismes alors que certains entrepreneurs et surtout starters expriment le besoin d'être plus accompagnés.

En deuxième lieu, puisque l'autofinancement est une pratique généralisée, un incitant fiscal favorable, calqué sur le "tax shelter pour start-up", faciliterait les investissements.

Enfin, il faut permettre aux PME de gérer leurs emprunts, en fonction de l'évolution des taux d'intérêt et de l'état de leur trésorerie. Les clauses de réemploi excédant six mois d'intérêts sont paralysantes. Les indépendants et les PME souhaitent que ces clauses soient limitées, même pour les contrats conclus avant 2014, en particulier lorsqu'une entreprise rembourse anticipativement pour des raisons économiques ou qu'elle rembourse sans changer de banque. L'indemnité de réemploi ne devrait pas dépasser trois mois d'intérêts.

 

Febelfin réagit

Le jour même de la publication de l'enquête UCM, la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) a annoncé que l'encours des prêts aux entreprises n'avait jamais été aussi élevé : 142,1 milliards. Considérant la reprise des investissements, notamment dans les grandes entreprises et dans l'industrie, cela n'a rien de contradictoire. Febelfin reconnaît au contraire que le taux de refus ne diminue pas, même si elle l'attribue à des "dossiers mal préparés".

Z'ont dit
De Maxime Mori,

président de la Fédération des étudiants francophones : "Les jeunes s'engagent autant qu'avant, mais de manière moins partisane. (...) C'est presque devenu une tare de dire qu'on va s'investir en politique. Cela suscite du scepticisme." (La Libre Belgique, 22/06/17)

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