UCM
Flux RSS RSS - Union & Actions, le 23 juillet 2017

publié le 15/06/2017 Imprimer Imprimer en PDF

KBC-CBC | Bolero Crowdfunding, première plateforme bancaire pour les entreprises

"Nous proposons plus que du financement"

Bolero Crowdfunding
Xavier de Troostembergh est responsable du projet Bolero Crowdfunding chez KBC-CBC. La plateforme permet aux entrepreneurs de trouver des fonds, mais aussi de trouver des conseils et un réseau.

- Pouvez-vous définir la plateforme Bolero Crowdfunding en quelques mots ?

- Elle permet aux start-up et aux PME d'aller chercher du financement, soit pour démarrer, soit pour grandir, auprès d'investisseurs privés. Ceux-ci sont de simples particuliers qui souhaitent diversifier leur épargne, investir directement dans l'économie locale.

 

- C'est différent des prêts de proximité, type "coup de pouce" ou "winwin" ?

- Oui, c'est un appel à l'épargne publique et, j'insiste, pour des projets d'entreprises. D'autres plateformes de crowdfunding récoltent des dons pour des projets culturels, ou appellent à préfinancer des productions dont l'investisseur profitera si ça fonctionne. Bolero Crowdfunding est spécifique.

 

Xavier de Troostembergh (Bolero Crowdfunding)

- Vous vous adressez à tous types d'entreprises ?

- Nous excluons les asbl et les indépendants en personne physique. Mais il n'y a aucune condition de secteur d'activité. En fait, nous venons simplement en aide aux entreprises qui n'obtiennent pas le prêt qu'elles souhaitent auprès des banques parce que le profil de risque est trop élevé. C'est le cas typiquement des start-up qui n'ont pas d'historique, qui ont donc peu de garanties. Ou des PME qui veulent lancer un nouveau produit. L'innovation comporte toujours une part de risque. Nous agissons souvent en complément d'un financement bancaire classique.

 

- Vous acceptez toutes les demandes ?

- Non, loin de là ! Notre rôle premier est de sélectionner les projets. Les candidats à un prêt peuvent s'inscrire en ligne et répondre à quelques questions de base : quelle production, quel service, quel plan financier, quel projet marketing, quelle somme est nécessaire et pour faire quoi ? À ce stade, la plupart des dossiers sont écartés. On sent très vite ceux qui ont un potentiel. Dans ce cas, nous allons rencontrer l'entrepreneur pour discuter en profondeur du projet. Si nous sommes convaincus, nous l'aidons à remplir un canevas didactique qui sera présenté aux investisseurs.

 

- Quel est l'intérêt pour l'entrepreneur de passer par Bolero Crowdfunding ?

- D'abord trouver des fonds qu'il ne pourrait pas obtenir autrement. Mais le crowdfunding est aussi une formidable action de marketing. Chaque campagne dure deux mois. Elle est toujours annoncée dans la presse. Nous avons une communauté d'investisseurs potentiels de 20.000 personnes et une base de données qui nous permet d'en toucher près de 100.000. C'est un moyen extrêmement efficace de faire connaître sa société et son projet. Et de créer un réseau : les investisseurs peuvent devenir des ambassadeurs, donner des conseils, des avis ou fournir des contacts pour attaquer un nouveau marché...

 

- Pour l'investisseur, quel est l'intérêt ?

- Comme dit, il y a cette volonté d'investir dans l'économie réelle, de ne pas laisser son épargne sur un compte ou dans des projets anonymes en bourse. Au-delà, nous avons deux produits différents. Les personnes qui soutiennent le démarrage d'une start-up en deviennent actionnaires. Elles font un acte de foi. Elles peuvent tout perdre au bout de deux ou trois ans, mais aussi réaliser une plus-value de trois fois, cinq fois ou dix fois le montant investi. L'autre produit est du crowdlending : un prêt rémunéré entre 6 % et 12 % selon le profil de risque (historique de la société, chiffre d'affaires...).

 

 

Un outil promis à un grand avenir

 

- Quel est l'historique de la plateforme ?

- KBC a été la première banque du monde à créer une plateforme de crowdfunding pour entreprises. Elle a été lancée en Flandre en 2014. Dans un projet de ce genre, il y a évidemment une phase d'amorçage. Depuis cette année, je suis chargé du développement en Wallonie et à Bruxelles, avec CBC et KBC Brussels.

 

- Vous avez des premiers résultats ?

- Nous avons sélectionné dix-sept dossiers pour lesquels nous avons lancé une levée de fonds. À chaque fois, nous fixons un montant minimal et un montant maximal. Dans seize cas sur dix-sept, le minimum a été atteint. Et les seize entreprises ainsi financées (la moitié en start-up, la moitié en développement) existent encore et se portent bien.

 

- Quelles sont les limites légales du crowdfunding ?

- L'entreprise peut lever au maximum 300.000 euros. Chaque investisseur peut mettre au maximum 5.000 euros.

 

- Quel est le profil des investisseurs ?

- Nous avons une communauté de 20.000 personnes, des pensionnés bien entendu, mais aussi beaucoup de cadres et de responsables marketing, commerciaux, financiers... Ils sont en mesure d'apprécier les projets, de les soutenir, et de réaliser un placement limité mais qui peut s'avérer très intéressant, surtout en prise de capital. Ils recherchent les pépites...

 

- Cette communauté est surtout flamande ?

- Oui, puisque nous démarrons maintenant en Wallonie et à Bruxelles. Mais la base francophone s'élargit très vite. Pour faire partie de la communauté d'investisseurs, il suffit de s'inscrire sur le site bolero-crowdfunding.be. Pour le faire savoir, nous allons dans les cercles de dirigeants d'entreprise et nous utilisons le réseau d'agences CBC et KBC Brussels. Nous rédigeons aussi le livre blanc du crowdfunding en Belgique, que nous allons bientôt présenter à la presse. Toutes plateformes confondues, on est passé de dix millions d'euros récoltés en 2015 à seize millions l'an dernier. Et la croissance va s'accélérer, chez nous comme partout dans le monde. Les gens veulent soutenir des projets dans lesquels ils croient.

 

- Il faut être client CBC ou KBC Brussels pour s'inscrire sur la plateforme ?

- Pas du tout. Que ce soit pour demander un prêt ou comme candidat prêteur, il n'y a aucune condition de ce genre.

 

- Quel est l'intérêt pour la banque, alors ?

- Nous ne pouvons pas passer à côté de la révolution digitale des services financiers. Nous voulons embrasser le changement, participer aux nouvelles technologies de prêts. C'est aussi un moyen d'élargir sa base de clients à des entreprises risquées, mais prometteuses. Aux pépites...

 

- Vous avez des objectifs à atteindre ?

- Pas précisément. Un dossier francophone va sortir avant la fin du mois, un autre pendant l'été. La machine est amorcée. Je suis persuadé qu'elle va tourner de plus en plus vite.

 

 

Th. E.

bolero-crowdfunding.be