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Flux RSS RSS - Union & Actions, le 23 juillet 2017

publié le 19/04/2017 Imprimer PDF

Exercice du droit de grève : le débat doit reprendre

Philippe Godfroid, président UCM

Le climat social est devenu plus serein. L'accord interprofessionnel 2017-2018 est signé. Les syndicats ne prévoient pas de grèves et de manifestations. Au contraire, ils se sont engagés à examiner avec les employeurs plusieurs dossiers importants comme le burnout, la mobilité, l'emploi des jeunes...

Il a été décidé de mettre sur la table l'exercice du droit de grève. Éviter les contraintes et les violences doit être un objectif commun. En 2002, un "gentlemen's agreement" avait été signé. Il est dépassé par les faits.

De fin 2014 à début 2016, les syndicats ont organisé plusieurs grèves pour contester la politique du gouvernement fédéral. Les indépendants et les chefs d'entreprise ont constaté de nombreux débordements. Des personnes n'ont pas pu aller travailler, des menaces ont été proférées, des dégradations ont été commises... Le blocage de l'autoroute E40 par la FGTB le 19 octobre 2015 a même eu une conséquence dramatique. Une personne est décédée dans un hôpital voisin alors que le médecin appelé pour la soigner était coincé dans l'embouteillage.

Suite à l'émotion créée, les syndicats avaient accepté de parler d'une mise à jour de l'accord de 2002. Les employeurs au "Groupe des dix" (FEB, UCM, Unizo) avaient déposé trois demandes qui relèvent du simple bon sens. D'abord, que pour chaque grève un syndicaliste soit désigné comme point de contact et recours en cas de débordements. Ensuite, que les comportements comme les blocages de route ou de zoning, les piquets bloquants ou filtrants... soient clairement classés en "autorisés" ou "interdits". Enfin, qu'en cas de grève dans une entreprise, les sous-traitants et les intérimaires soient laissés à l'écart du conflit.

Au bout de cinq mois de discussions, le climat s'est à nouveau tendu et les syndicats ont remis la question au congélateur. Le débat doit reprendre. Dans un pays démocratique, le droit de grève est indiscutable mais il n'est pas au-dessus des autres droits. Tout n'est pas permis quand on arrête le travail. La liberté de circuler et de travailler, le respect des biens et des personnes sont des valeurs qui ne peuvent pas disparaître, ni lors d'un conflit social, ni lors de mouvements d'opposition politique. 

Personnellement, je pense d'ailleurs que les syndicats devraient être dotés de la personnalité juridique. Ils seraient ainsi responsables de leurs actes comme l'est n'importe quelle personne physique ou morale du pays. Il est anormal que des "associations de fait" brassent des millions d'euros, reçoivent de l'argent public et ne publient pas l'ensemble de leurs comptes.

 

Philippe Godfroid,

président UCM