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publié le 20/01/2012 Imprimer Imprimer en PDF

Ghislenghien | Belvas

La première chocolaterie écologique

Thierry Noesen

Thierry Noesen, un expert en cacao qui a choisi la voie du commerce équitable.

Belvas est officiellement la première chocolaterie écologique du nord de l'Europe et donc de Belgique. Cette PME de Ghislenghien vend des pralines équitables et bios. Environ 80 % de sa production prennent le chemin de l'export.

"La société Devasétait installée à Dottignies depuis 1985. Je l'ai rachetée en 2005", raconte Thierry Noesen, le patron de cette entreprise aujourd'hui rebaptisée Belvas. Le chef d'entreprise a travaillé dans plusieurs chocolateries en tant qu'expert en cacao. Et il a décidé, un jour, de se lancer dans l'aventure de l'entrepreneuriat responsable. "Devas était à l'origine une boulangerie qui faisait en plus du bon chocolat. Elle a grandi comme chocolaterie en vendant ses pralines à plusieurs boulangeries dela région. Elles'est également développée sur le marché français. Et puis, elle a subi de plein fouetla concurrence. L'industrialisationde la praline a mis à mal la petite structure. Ses coûts de production étaient devenus trop élevés. La chocolaterie perdait sa clientèle et 30.000 euros par an. Mais après quelques hésitations, j'ai repris cette société qui allait mettre la clef sous le paillasson. J'avais pour moi une expérience dans le chocolat. J'avais travaillé pour Nestlé et une chocolaterie industrielle anversoise. Je connaissais le marché à l'export. J'entretenais encore des contact avec des acheteurs."

 Miser sur l'équitable

Devas ne manquait pas de qualités et de savoir-faire, grâce à deux chocolatiers expérimentés. La société possédait un atelier bien équipé avec une ligne de production pour les pralines moulées et une autre pour les enrobées. Voilà pour les atouts. Mais il fallait encore innover pour redresser la barre. "Personne ne proposait alors des pralines et des truffes issues du commerce équitable. Nous avons directement refait nos recettes selon cette idée, poursuit Thierry Noesen. J'étais convaincu – et je le suis toujours – qu'il faut assurer un revenu correct aux producteurs des pays du Sud en achetant les matières premières à leur juste prix. Au-delà de mes convictions, il y avait aussi une opportunité économique. Il existe une demande réelle pour des produits issus de l'équitable. Mais il ne suffisait pas d'être seulement 'fairtrade'… Nos pralines devaient être aussi bonnes au goût qu'elles ne le sont sur le plan humain. Nous avons donc misé sur le haut de gamme en passant à 73 % de cacao pour le chocolat noir. Nous mettons aussi plus de noisette dans le praliné." Les fourrages ne contiennent pas de mauvaises graisses hydrogénées, de colorants artificiels ou encore de conservateurs chimiques. "Nous avons poussé la démarche un cran plus loin en adoptant le bio. Certisys assure l'authenticité de notre production bio. L'équitable est certifié par Max Havelaar", ajoute le chocolatier. Quant au prix de ces pralines et truffes ? Il est de 20 à 25 % plus cher que des pralines tout venant.

 "Le pari est réussi"

"Nous sommes passés de 250.000 euros à 2,15 millions de chiffre d'affaires. L'emploi a suivi la même courbe", se réjouit Thierry Noesen. Belvas emploie désormais vingt personnes. La société anonyme a, en parallèle, déménagé à Ghislenghien en 2009. "Les anciens bâtiments étaient devenus trop étroits. Nous avons investi un nouveau lieu. Nous en avons profité pour nous lancer dans un nouveau défi : devenir une chocolaterie entièrement écologique. Le pari est aujourd'hui réussi. À tel point que fin 2011, Belvas est devenue la première chocolaterie écologique du nord de l'Europe en obtenantla certification Emas(Ecological management & audit scheme). Il s'agit d'un système officiel de gestion environnementale initié par la Commission européenne. Il inclut la norme de gestion internationale de gestion environnementale ISO 14001. Il démontre que même une petite entreprise comme la nôtre peut réaliser des innovations écologiques. Notre nouvel atelier a effectivement été pensé comme une caisse à l'intérieur même du bâtiment. Et ce, pour l'adapter plus facilement aux normes alimentaires les plus récentes. Une chocolaterie consomme aussi énormément d'énergie. Il faut fondre le chocolat jusqu'à 45° C et le maintenir dans des cuves. Il faut ensuite le refroidir pour le travailler. Nous avons donc réfléchi à ces données afin de diminuer autant notre facture d'électricité que notre impact sur l'environnement." Et Belvas est devenue une chocolaterie écolo notamment grâce à ses 380 panneaux photovoltaïques, ce qui en fait une des plus grosses installations de Wallonie. L'entreprise est autonome en électricité pour 70 % de ses besoins.

Un système de récupération de la chaleur a également été installé. L'air chaud produit par l'air conditionné est centralisé comme cela se fait dans les grandes usines. Les calories sont récupérées et non plus rejetées et gaspillées. Le système réchauffe l'eau des cuves à double paroi. Il est utilisé pour fondre le chocolat et le beurre. Les bureaux sont également chauffés grâce à lui. Les tunnels de froid ont été allongés pour atteindre25 mètreset réduire la consommation d'énergie. Les pralines moulées ne sont plus refroidies qu'une seule fois, contre trois fois dans un atelier classique. Une politique de gestion des déchets a été mise sur pied avec leur envoi partiel en unité de biométhanisation. Les eaux de pluie sont récupérées, etc.

 D'abord l'Allemagne

Cette volonté de réduire son empreinte écologique, tout en fournissant des chocolats de haute voltige, accentue la notoriété de Belvas en Belgique comme ailleurs. Chez nous, la PME wallonne écoule ses produits dans des magasins d'alimentation biologique. Elle a également créé une production spécifique pour la grande distribution.La marque Belvasse retrouve, entre autres, au rayon boulangerie des supermarchés Delhaize.

"Mais nous vivons surtout de l'exportation, précise Thierry Noesen. Environ 80 % de nos produits sortent de nos frontières. Notre premier client est l'Allemagne, qui possède un réseau de commerces bios très développé. Viennent ensuite les États-Unis, la France et les Pays-Bas. Nous n'entrons pas en concurrence avec les autres chocolateries, car nos produits sont essentiellement placés dans les rayons bios des magasins. C'est un atout."

L'avenir de Belvas passera peut-être aussi par l'Asie. La chocolaterie a fait forte impression lors de l'expo universelle de Shanghai. Et si le Belge "moyen" mange six kilos de chocolat par an, le Chinois n'en est encore qu'à160 grammes. De quoi aiguiser bien des appétits.

 

Rodolphe Masuy

 

Carte de visite

Belvas SA

Chemin du Fundus 7

7822 Ghislenghien

Emploi : 20

Chiffre d'affaires : 2,15 millions €

068/33.77.46

info@belvas.be

www.belvas.be

Belvas a installé 380 panneaux photovoltaïques, de quoi assurer 70 % de ses besoins en électricité.

Des pralines au double label : bio et équitable.

Z'ont dit
D'Ahmed Laaouej,

député PS, au Parlement : "Nous allons demander l'audition de l'UCM sur la réforme de l'impôt des sociétés puisque la majorité n'a pas pris la peine de consulter une organisation qui représente 67 % de l'emploi en Belgique." (Le Soir, 18/12/17)

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